l'éthologie, c'est quoi ?

portraits de scientifiques

Photographie de Charles Darwin

Charles Darwin (1809-1882)

Fraîchement diplômé en théologie, Charles Darwin entame en 1831 un voyage de 5 ans à bord du Beagle. Au cours de son périple, le long des côtes sud-américaines, le naturaliste joue ainsi le rôle de géologue, zoologue, paléontologue ou botaniste, en observant les animaux et en prélevant de nombreux spécimens. Par la suite, Darwin s'est également beaucoup intéressé au comportement animal, dans le cadre de sa théorie sur la sélection sexuelle (les effets évolutifs nés des choix des individus pour un partenaire), ainsi qu’à l'expression des émotions chez l'homme et les animaux. La théorie de l’évolution de Charles Darwin a permis le développement ultérieur de l'éthologie. Selon Darwin, les comportements sont soumis, au même titre que les caractères physiologiques, à la sélection naturelle.

Photographie de Jean-Henri Fabre

Jean-henri fabre (1823-1915)

Naturaliste français, il est à la fois un entomologiste, un botaniste, un écrivain et un poète. Passionné par les insectes, il est considéré comme l’un des précurseurs de l’éthologie. Au cours de ses travaux, il décrit méthodologiquement les comportements des hyménoptères et des coléoptères. Jean-Henri Fabre s’attarde notamment sur les soins que dispensent certaines guêpes à leur progéniture et aux comportements reproducteurs des papillons. Il est connu pour son œuvre de vulgarisation Souvenirs Entomologiques, qui présente plus d’un demi-siècle d’étude et de description des insectes.

Photographie d'Ivan Pavlov

Ivan pavlov (1849-1936)

Professeur de physiologie à Saint-Pétersbourg, les premiers travaux d'Ivan Pavlov portaient sur la pression sanguine et le contrôle nerveux du rythme des battements du cœur. Mais c’est en étudiant la digestion qu’il remarque que l’on peut provoquer la salivation en soumettant de la nourriture à la vue d'un sujet. Travaillant sur les chiens, il découvre les lois fondamentales du conditionnement. Selon lui, tous les comportements observables ne sont qu’une suite de réflexes dits inconditionnels (le chien salive devant de la nourriture) ou conditionnels (après une période d’apprentissage, le chien sait que de la nourriture arrive après le son d’une cloche, et salive donc dès que la cloche sonne).

Les fondateurs de l'éthologie

Photographie de Karl von Frisch

karl von frisch (1886-1982)

Cet autrichien étudie la médecine avant de se tourner vers les sciences naturelles. Il est surtout connu pour ses travaux sur la vue, l’odorat et le sens d’orientation des abeilles. Il démontre en effet que ces insectes peuvent s’orienter grâce à la position du soleil et au champ magnétique terrestre. Karl von Frisch montre également que les informations sur les zones de butinage que détient une abeille peuvent être communiquées aux autres abeilles grâce à une “danse”. L'orientation de l'axe de la danse indique ainsi la direction par rapport au soleil de la zone à explorer, tandis que la distance de la zone est transmise par la vitesse du frétillement.

Photographie de Nikolaas Tinbergen et Konrad Lorenz

nikolaas tinbergen & Konrad lorenz (1907-1988) & (1903-1989)

Respectivement biologistes néerlandais et autrichien, Nikolaas Tinbergen commence ses recherches avec le comportement des abeilles, tandis que Konrad Lorenz se penche sur le vol des oiseaux et l’adaptation des différentes formes d’ailes. Davantage influencés par la biologie que par la psychologie et s’appuyant sur l’observation du comportement animal dans son environnement naturel, les deux hommes sont souvent considérés comme les fondateurs de l’éthologie. En 1936, Tinbergen et Lorenz se rencontrent pour la première fois et travaillent ensemble sur les mouvements de retournement des œufs de l'oie cendrée. Ils mettent en lumière le concept de comportements innés (l'instinct). Leur point de vue diffère de celui de Palvov et des béhavioristes, qui prônaient l'existence d'un seul mécanisme d'apprentissage générique pour tous les animaux, basé sur la punition et la récompense. Les deux scientifiques démontrent au contraire que chaque espèce a des comportements innés et des capacités d’apprentissage qui lui sont propres.

L'ouverture à l'étude des primates

Photographie de Jane Goodall

jane goodall (1934-)

Jane Goodall est dans un premier temps la secrétaire du paléontologue Louis Leakey, qui effectue des fouilles en Afrique de l’Est. En 1960, elle décide de s’installer en Tanzanie pour observer les chimpanzés dans leur milieu naturel. Pour la première fois, elle rapporte que ces grands singes chassent pour se procurer de la viande, qu’ils peuvent utiliser des outils, et que les membres d'une même famille maintiennent des liens forts et durables. Ses travaux ont profondément modifié la définition de « l'être humain » en montrant que de nombreux comportements ne nous étaient pas exclusifs. Ce n’est qu’après ces recherches, en 1965, qu’elle obtient sa thèse en éthologie. En 1977, elle fonde une organisation internationale, l'institut Jane Goodall, visant à la conservation de l'environnement et du monde sauvage.

Photographie de Jeanne Altmann

jeanne altmann (1940-)

Après s’être formée en mathématiques, Jeanne Altmann est employée dans un laboratoire pour analyser le comportement des enfants. L’article qu’elle publie suite à cette étude en 1974 a été cité plus de 10 000 fois. Plus tard, elle travaille sur le comportement social des babouins en les observant dans leur environnement naturel. Elle utilise principalement des techniques non invasives : ses travaux sont fondés d'abord sur l'observation du comportement et sur l'étude de l'action de facteurs écologiques et sociologiques. Jeanne Altmann s’est également intéressée à la démographie, la relation mère-enfant, l'endocrinologie, le vieillissement, et la sélection sexuelle.

Photographie de Franz de Waal

Franz de waal (1948-)

Les travaux du primatologue et éthologue néerlandais Franz de Waal ont apporté une nouvelle perspective à l'étude des relations sociales et des stratégies d'alliances chez les macaques et les chimpanzés. Il a également mis en évidence le phénomène de réconciliation chez de nombreuses espèces de primates après un conflit, aptitude que l'on considérait auparavant comme réservée à l'espèce humaine. Il a publié de nombreux livres de vulgarisation (La Politique du chimpanzé, De la réconciliation chez les primates et Le Singe en nous) dans lesquels il aborde le thème des émotions chez les animaux.

Et en France...

Photographie de Paul Grassé

pierre paul grassé (1895-1985)

Né à Périgueux, ce naturaliste commence sa carrière de chercheur au laboratoire de zoologie de Montpellier. Il analyse dans un premier temps les protozoaires mais c’est en étudiant certains de ces organismes unicellulaires vivants dans les termites, qu’il commence à s’intéresser à ces dernières. Au cours des années suivantes, il entreprend plusieurs voyages en Afrique pour y observer les insectes. Il écrit plus de 300 publications, dont un important Traité de Zoologie (38 volumes, 40 années de travail) et Termitologia, rassemblant toutes les connaissances disponibles sur les termites.

Photographie de Rémy Chauvin

Rémy chauviN (1913-2009)

Né à Toulon, Rémy Chauvin est un naturaliste et entomologiste. Ses travaux sur la communication chez les insectes et les oiseaux servent toujours de références aujourd’hui. Il étudie plus particulièrement les interactions sociales chez les fourmis, les abeilles et les termites. Au cours de sa carrière, Rémy Chauvin publie plus de 250 articles scientifiques ainsi que de nombreux livres de vulgarisation sur ces thématiques (Le monde des insectes, Les sociétés animales) qui font connaître l'éthologie en France.

Gaston richard (1920-2012)

Instituteur, puis élève de Grassé, Gaston Richard soutient en 1950 une thèse sur le comportement des termites. Il est nommé maître de conférence en psychophysiologie à Rennes et ses travaux sont avant tout axés sur l'ontogenèse (le développement des individus depuis le stade embryonnaire jusqu’à l’état adulte). Il s’engage pour promouvoir et développer l’éthologie en France et en 1967, il fonde la station biologique de Paimpont à Rennes. L’année suivante, c’est sous son impulsion qu’est créée la SFECA.